Et maintenant, place aux législatives !

“Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action.”

Les législatives, qui auront lieu au mois de juin, seront l’occasion pour le Front de Gauche d’amplifier la dynamique initiée lors du 1er tour des élections présidentielles du 22 avril dernier. Je ne reviendrais pas ici sur le score du Fdg, d’autres l’ont fait avant moi (ici, , ou encore ici) et bien mieux que je n’aurais pu le faire.

Le Fdg est bel et bien lancé. Notre progression est sans précédent. Bien sûr le score final de 11,11% nous a quelque peu déçus, aux vues de l’engouement de la campagne et des succès des meetings (j’étais à la Bastille et à la Porte de Versailles). Pourtant nous n’avons pas à rougir de ce que nous avons fait. Nous sommes partis de loin (6,5% d’intentions de voix en janvier…), et sans nous, le FHaine serait certainement au 2ème tour.

Tout commence maintenant. La lutte contre la xénophobie, le racisme, la peur de l’autre n’en est qu’à ses prémices. Les temps qui viennent s’annoncent difficiles. Le vote FN n’est pas majoritairement contestataire. C’est en grande partie un vote d’adhésion, qui résulte d’un mouvement de fond de droitisation des élites et de la droite néo-libérale (cf. l’excellent article de notre ami le cri du peuple).

Nous devrons être unis, rassemblés et conscients de notre force, autant que de nos faiblesses. Les débats sur le vote Hollande au second tour vont bon train. Il faudra pourtant s’y résoudre pour ne pas se rendre coupable d’un nouveau quinquennat sarkozien, aux accents lepeniste, qui serait une catastrophe pour la République. J’en appelle alors à tous nos amis et camarades, le bulletin pour Hollande ne doit être considéré que comme notre ultime cartouche pour faire rempart à la droite extrême. Il ne vaut ni ralliement, ni soumission, ni compromission. Après ce 2ème tour, qui nous permettra d’éloigner un temps la bête immonde à deux têtes, viendra celui du 3ème tour social.

J’en viens ainsi à l’objet initial de cet article. Dans deux mois auront lieu les élections législatives. Elle sont primordiales pour notre mouvement comme pour la République à laquelle nous tenons. Le FN aura, c’est une certitude, des députés à l’Assemblée Nationale. C’est un mal pour un bien. Laissons-les intégrer le système démocratique. En étant aux affaires, ils ne pourront que se discréditer, et ne pourront plus jouer les caliméros de la politique. Ils ne pourront plus ressortir tous les 5 ans, en victime systémique, et jouer les vierges effarouchées du système. Le bilan des années FN dans les municipalités d’Orange, de Toulon et de Vitrolles, est une démonstration de l’incapacité de cette idéologie nationaliste de gouverner, ne serait-ce qu’un village du Nord pas-de-calais.

Mais si nous pouvons, avec tout le dégout et la force que cela doit nécessiter, admettre que des députés FN siègent au Palais Bourbon, il est de notre responsabilité, et de celle de toute les gauches (des plus radicales aux plus molles) de faire front. Ainsi, nous devons permettre aux candidats aux élections législatives, sur tout le territoire, d’être élus. Que cela passe par des accords avec le PS importe peu. Le but final est d’avoir un groupe à l’AN. Et pas seulement composé d’élus Communistes, issus du PCF (bien que je n’ai rien contre eux). Il est beaucoup de circonscriptions où une alliance des gauches permettraient de faire barrage à l’UMPFN. Cette alliance ne doit cependant pas être unilatérale. Le Front de Gauche a plus que participé à l’amélioration du score de la gauche. Je pense par exemple à l’est parisien, qui voit le Fdg atteindre les 19%, au centre de Lyon (2ème circonscription) qui voit le Fdg proche des 15%, ou encore Toulouse. Dans ces agglomérations cosmopolites, les candidats du PS devront savoir s’effacer. Il en va de l’avenir de notre démocratie.

J’aimerais enfin finir cet article sur une note d’espoir. Jean-Luc Mélenchon disait récemment que le Front de Gauche sera au pouvoir dans 10 ans. C’est une certitude. L’électorat de la droite dite “classique” est vieillissant. Celui de Marine Le Pen, bien qu’un peu plus jeune ne tiendra plus longtemps ses contradictions.

Celui du Front de Gauche, rassemble 40% des 18-24 ans. Et combien parmi ces jeunes qui n’ont pas encore le droit de vote ? Vienne le temps des cerises et des jours heureux, le temps d’un printemps jamais ininterrompu, disait JLM à Marseille. Ces temps viendront, j’en suis persuadé.

“Le monde ne se maintient en vie que par le souffle des enfants qui étudient”

Pour finir, amis et camarades, je n’aurais qu’un seul mot, face à cette ombre qui grandit, un seul mot RESISTANCE !



Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *